18.3.11

SITUATION DE TRANSHUMANCE (LIGNES DE TEMPS)

Il y a le temps du mythe, celui des Amérindiens et non celui d’Hésiode, qui déploie à tout instant les conditions de possibilité de l’existence des humains et des non-humains sans s’embarrasser d’un passé vite aboli ni d’un futur indifférent. Il y a le temps cyclique des grands collectifs sociocosmiques, qui tend vers un futur d’apocalypse pour mieux retrouver la virginité des commencements. Il y a le temps du Rêve, en Australie, avec sa genèse inscrite dans des catégories et des trajets en apparence immuables, mais que chaque génération revivifie. Et bien d’autres encore, qui sont autant de façons de marier l’ordre et l’accident, l’origine et la fin, la contingence individuelle et le devenir collectif ; autant de façons de traiter le temps et l’événement qui pourraient être les nôtres pour peu que nous prenions une option définitive sur le temps spectaculaire qui nous arraisonne.

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