Affichage des articles dont le libellé est BENITO MALDITO. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est BENITO MALDITO. Afficher tous les articles

14.10.11

Mon Odyssée: Attache-moi!


Tu vas où le vent mène. Tu suis l'appel des sirènes. 
Et la plupart du temps tu es à la périphérie de toi-même...

Ça pourrait faire des vers, c'est juste un constat. 
Il n'y a que lorsque le calme revient, que lorsque la mer est plate, 
que le spectacle a été chassé de l'horizon,  que tu reviens à ton fondement.

Tu sais, ces rares moments où tu crois être, où tu es enfin, toi-même.

Sinon, comme Ulysse, si tu veux être conscient où te mène ta barque, 
tu devras rester attacher au mât si tu veux resister.

dériver, c'est une corvée épique.


21.9.11

SITUATION DE TRANSHUMANCE (CE QUI VIENT VENAIT DÉJÀ)

 Tire le fil et tu tomberas sur la gangue des prédéterminations, l'idée, avec un petit i mais un très long "corps".
Deux évocations pour se mettre dans l'idée ces lointains fils du passé qui pulsent nos existences et le type de cheminement qui les a fait arriver jusqu'à nous.

C’est l’idée d’un acte fondateur, d’une « invention », qui trace une route qui finit par sembler évidente et « normale » alors que sa légitimité ne procède de rien d’autre que d’elle-même, voire d’un calcul du moindre effort. Paul Coelho dans « Le Zahir » (Ed. Flammarion 2005) relevait que : « La distance qui sépare les rails de chemin de fer est de 143,5 centimètres. Pourquoi cette dimension absurde? Parce qu’au début de la construction des premiers wagons de chemin de fer, on a utilisé les mêmes outils que ceux dont on se servait pour la construction des voitures. Pourquoi cette distance entre les roues des voitures? Parce que les anciennes routes avaient été faites pour cette dimension, et que les voitures n’auraient pas pu circuler si elles avaient été plus larges. Qui a décidé que les routes devaient être faites à cette dimension? Nous voilà revenus dans un passé très lointain: les Romains, premiers grands constructeurs de routes, en ont décidé ainsi. Pour quelle raison? Les chars de guerre étaient conduits par deux chevaux ; et quand on met côte à côte les animaux de la race dont ils se servaient à l’époque, ils occupent 143,5 centimètres. Ainsi, la distance entre les rails de chemin de fer utilisés par notre très moderne train à grande vitesse a été déterminée par les Romains. Quand les immigrants sont partis aux États-Unis construire des voies ferrées, ils ne se sont pas demandé s’il valait mieux modifier leur largeur et ils ont conservé le même modèle. Cela a même influencé la construction des navettes spatiales: des ingénieurs américains estimaient que les réservoirs de combustible auraient dû être plus larges, mais ils étaient fabriqués dans l’Utah, ils devaient être transportés par train jusqu’au Centre spatial en Floride. Conclusion: ils ont dû se résigner à la décision que les Romains avaient arrêtée concernant la dimension idéale ».



Depuis quelques décennies on reconnaît de plus en plus le rôle joué par l'apôtre Paul dans la naissance et la constitution du christianisme, mais aussi on prend acte de la charge considérable que ce rôle a pu avoir dans toute l’histoire de la pensée européenne jusqu’à nos jours. C’est lui qui a eu l’idée de faire de la mort et de la résurrection de Jésus, ou plutôt du Christ, un évènement absolu divisant l’histoire en un avant et un après. Il a fait de l’avant, c’est-à-dire de l’histoire du peuple juif, la préhistoire de cet évènement absolu, son annonce chiffrée. Cette captation de l’héritage juif au profit du christianisme naissant a créé entre les deux religions un problème insoluble. Et l’idée d’un évènement absolu qui manifeste une vérité inscrite de tout temps dans l’histoire a fourni la matrice de pratiquement tous les programmes révolutionnaires ultérieurs, messianiques puis purement politiques, pour le meilleur et surtout pour le pire. Elle est au cœur de la pensée de Hegel et de Marx, puis de l’imaginaire révolutionnaire contemporain. 
Cet exemple montre à merveille le pouvoir de l’imagination. Une fois qu’une invention s’est emparée des esprits, rien ne semble pouvoir arrêter le déploiement de ses conséquences. Le seul moyen d’y mettre fin est de remonter au point de départ et de montrer, précisément, l’invention . Ainsi, chaque fois que nous assistons à un évènement révolutionnaire nous éprouvons une sympathie que nous ressentons comme instinctuelle alors qu’elle est d’abord l’expression d’un schéma culturel (on dirait une narrative aujourd’hui) qui a pris naissance il y a plus de 2000 ans.


9.9.11

Du reste et du catharthique




Traiter, ritualiser le reste, épurer le pharmakon, enfin exhumer le goût de la saison, et exhaler son parfum sur les saisons à venir (komodo en transe).

Le temps consacré à respecter les codes du salariat est énorme, surtout si l’on y intègre l’éducation – le temps passé à être préparé à les comprendre et les accepter -, la consommation – le temps passé à essayer de trouver un intérêt à avoir accepté ces codes -, les opiums – le temps passé à se défaire de la réflexion qui pourrait les remettre en question -, la retraite – le temps passé à se dire qu’on a bien fait, au final, de les accepter -, etc. 
Reste peu de temps pour le reste. Et peu de chances de pouvoir mener sa vie sereinement hors de ses codes : le salariat est une figure imposée, par nous. 

...MAIS AU FAIT QUE RESTE-T-IL ? Y-A-TIL UN RESTE? C'EST QUOI LE RESTE? 

Que reste-t-il à la fin de la saison du spectacle? Au bout, les vacances. Et? Ce temps de l'entre-saison n'a-t-il d'autre utilité fonctionnelle que d'être une « décélération intentionnelle », pour mieux accélérer ensuite. C'est à dire qu'au lieu de traiter ce qui reste, de marquer un écart constructif avec ce qui a été ingurgité au cours d'une saison, on se purge par le décrochage (du moins le croît-on). C'est une bien pauvre catharsis, efficace pour un zombie, mais pas pour une conscience qui se doit de digérer le vécu pour prétendre à l'éveil. Traiter le reste c'est réaliser le travail de l'éveil, une catharsis réel, qui ne refoule pas le tragique de l'existence sous de la crème solaire. Le spectacle et le salariat se donne la main dans la constitution d'un rythme de travail annuel aux antipodes des réalités humaines et du rythme biologique. La période estivale a toujours été celle de la majeure activité humaine, notamment la récolte, les foins, les fruits, etc, pour le travail et pour la fête (les enfants de mars sont les fils des moissons). Après vient le temps de la rumination, le temps du végétal, de l'enfouissement, rentrer dans la terre, du travail souterrain de l'hiver, prélude à la renaissance. 

La catharsis du spectacle (et la constitution d'une norme HVC-Haute Valeur Cathartique) a donc pour préalable la reconnaissance, d'un temps, d'un cycle, qui est celui du cultiver au sens agricole, étendu à l'intellectuel. Le temps de l'esprit et le temps de la terre se conjuguent pour traiter le reste, le transformer, se transformer: la matière transformée (qu'elle soit spirituelle ou inerte) est travail de l'énergie, source d'énergie. La forme de cette alchimie peut-être rendue et manifestée par la forme théatrâle, sous une forme archaïque, rituelle et tragique, proche de cette culture du recyclage des émotions et des passions, mais réinitialisée à la hauteur des nécessités actuelles: l'urgence de combattre la mort de l'esprit, par le décompactage du soma et l'intelligence du geste rituel. Il s'agit de détruire la croûte de battance que le bombardement du spectacle construit au jour le jour. L'indifférence est la seule stratégie de l'esprit pour se défendre. Mais à ce jeu défensif il s'épuise, il s'ankylose, se ravine et s'érode. 

Ce travail fin, dangereux, de décompactage du soma, laisse l'esprit à fleur de peau, comme un prématuré, c'est en cela que la voie initiatique a semblé la plus naturelle, la plus correcte, par là où l'on se tient les uns les autres dans un même dessein. Cependant lorsque la forme théatrâle par l'entremise du tragique se rapproche de sa fonction rituelle, la pratique de "rites" entraîne la mise en place d'une hierarchie, ce qui est incompatible avec une morale anarchiste. Aussi la phase initiatique n'est-elle que le moment de la constitution d'un corpus fonctionnel afin d'être révélé, proposé et suivi. Diffusé notamment sous la forme d'une norme HVC.

SITUATION DE TRANSHUMANCE

 Il y a aussi tous ces gestes individuels et collectifs qui appartiennent au quotidien, eux aussi concourent à insensiblement faire basculer le monde.

Chacun, à chaque seconde, fait basculer le monde dans un sens ou dans l’autre, et le sait.

8.6.11

ACERCA DEL CONCEPTO DE DISPERSION ( de IGNACIO LEWKOWICZ)


Hay una sensación muy, pero que muy extendida, entre todas las realidades que nos ofrece la manera de vivir nuestra existencia contemporánea : y es que “nada sedimenta”, “todo se deshilacha”, “no hay tiempo”, “todo va muy deprisa”, “lo colectivo es hoy lo más difícil” “hacer lo común es casi imposible”, “estamos perdidos”, “no sé lo que estoy haciendo, he perdido el sentido”.   
  Acerca de esta situación, Ignacio Lewkowicz, ha pensado o propuesto la idea de “dispersión” (que va más allá de los conceptos de “fragmentación” o “liquidez”).

La dispersión es una condición nueva de la vida social. Como un nuevo medio en el que nos movemos (un medio fluido y ya no sólido). Como un nuevo suelo que antes que nada es un no-suelo: arenas movedizas. Y tiene que ver con la transición que estamos viviendo la sociedad articulada en/por el Estado a la sociedad definida principalmente por el mercado y su capacidad (infinita y aleatoria) de conexión/desconexión.

Si consideramos la noción de dispersión como rasgo de época, hay que reconsiderar radicalmente -si no queremos pensar y vivir con categorías-zombi- las maneras de concebir el arte, la política, la institución, el pensamiento, lo común, etc.
 

Esta seria la propuesta de Ignacio Lewkowicz, sin embargo si nos acordamos en cuanto al concepto de dispersión y a su historial (aunque con matices) nos parece insalvable la acción a llevar, en la medida en que estas categorías son categorías-zombi, y punto. Al muerto se le puede dar la vuelta por respecto pero no curarlo.
 

Lo que importa a nuestro modo de ver es el suelo, hacer suelo, crear suelo, cultivarlo. Y esto no se puede llevar a cabo con categorías huecas pero no solo, también tóxicas. La miseria simbólica que nos atañe no puede ser remediada si no nos desbocamos del confort moral que la nutre. Hay que deshacerse, despojarse. La cultura no tiene otra alternativa que volver a la esencia de su definición, el cultivo y el cultivar, retomando el ciclo, seleccionando las semillas de un nuevo germen, deshaciendose de lo tóxico y de lo obsolescente programado. Hemos maltratado la tierra como hemos maltratado la mente, por eso esta labor es terapéutica. 

Es un desafío energético y comportamental. Estamos tocados, tenemos que reparar. Tenemos que volver a un ciclo energético de reparación mental y de depuración cultural. Lo que ha colaborado con el sistema del Espectáculo no tiene otro remedio que ser destituido.