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14.2.12

L'AIR DE RIEN (SITUATION DE TRANSHUMANCE)

- 42 mn, Barenboim dit :  » In the end, the music does tell a story, wether you imagine your own story in words, or in sounds, it doesn’t matter, what counts is when you are playing you actually tell a story and the listener gets your story  »
Oui, et pourquoi ces histoires muettes, comme au ballet ? Comme si une partie du secret de l’Art consistait à ne pas dire, à se maintenir hors du langage, et du sens direct. C’est par l’impossibilité de dire que la communication s’établit …
Communiquer ce n’est pas l’interrogatoire platonicien, l’illusion du lien rationnel, mais c’est communiquer peut-être sur (le) rien….
« Je pense aujourd’hui qu’il disposait du grand secret qui consiste à la fois à voiler et à dévoiler « . … (J. Vaché, André Breton, Entretiens p 50)

9.9.11

Du reste et du catharthique




Traiter, ritualiser le reste, épurer le pharmakon, enfin exhumer le goût de la saison, et exhaler son parfum sur les saisons à venir (komodo en transe).

Le temps consacré à respecter les codes du salariat est énorme, surtout si l’on y intègre l’éducation – le temps passé à être préparé à les comprendre et les accepter -, la consommation – le temps passé à essayer de trouver un intérêt à avoir accepté ces codes -, les opiums – le temps passé à se défaire de la réflexion qui pourrait les remettre en question -, la retraite – le temps passé à se dire qu’on a bien fait, au final, de les accepter -, etc. 
Reste peu de temps pour le reste. Et peu de chances de pouvoir mener sa vie sereinement hors de ses codes : le salariat est une figure imposée, par nous. 

...MAIS AU FAIT QUE RESTE-T-IL ? Y-A-TIL UN RESTE? C'EST QUOI LE RESTE? 

Que reste-t-il à la fin de la saison du spectacle? Au bout, les vacances. Et? Ce temps de l'entre-saison n'a-t-il d'autre utilité fonctionnelle que d'être une « décélération intentionnelle », pour mieux accélérer ensuite. C'est à dire qu'au lieu de traiter ce qui reste, de marquer un écart constructif avec ce qui a été ingurgité au cours d'une saison, on se purge par le décrochage (du moins le croît-on). C'est une bien pauvre catharsis, efficace pour un zombie, mais pas pour une conscience qui se doit de digérer le vécu pour prétendre à l'éveil. Traiter le reste c'est réaliser le travail de l'éveil, une catharsis réel, qui ne refoule pas le tragique de l'existence sous de la crème solaire. Le spectacle et le salariat se donne la main dans la constitution d'un rythme de travail annuel aux antipodes des réalités humaines et du rythme biologique. La période estivale a toujours été celle de la majeure activité humaine, notamment la récolte, les foins, les fruits, etc, pour le travail et pour la fête (les enfants de mars sont les fils des moissons). Après vient le temps de la rumination, le temps du végétal, de l'enfouissement, rentrer dans la terre, du travail souterrain de l'hiver, prélude à la renaissance. 

La catharsis du spectacle (et la constitution d'une norme HVC-Haute Valeur Cathartique) a donc pour préalable la reconnaissance, d'un temps, d'un cycle, qui est celui du cultiver au sens agricole, étendu à l'intellectuel. Le temps de l'esprit et le temps de la terre se conjuguent pour traiter le reste, le transformer, se transformer: la matière transformée (qu'elle soit spirituelle ou inerte) est travail de l'énergie, source d'énergie. La forme de cette alchimie peut-être rendue et manifestée par la forme théatrâle, sous une forme archaïque, rituelle et tragique, proche de cette culture du recyclage des émotions et des passions, mais réinitialisée à la hauteur des nécessités actuelles: l'urgence de combattre la mort de l'esprit, par le décompactage du soma et l'intelligence du geste rituel. Il s'agit de détruire la croûte de battance que le bombardement du spectacle construit au jour le jour. L'indifférence est la seule stratégie de l'esprit pour se défendre. Mais à ce jeu défensif il s'épuise, il s'ankylose, se ravine et s'érode. 

Ce travail fin, dangereux, de décompactage du soma, laisse l'esprit à fleur de peau, comme un prématuré, c'est en cela que la voie initiatique a semblé la plus naturelle, la plus correcte, par là où l'on se tient les uns les autres dans un même dessein. Cependant lorsque la forme théatrâle par l'entremise du tragique se rapproche de sa fonction rituelle, la pratique de "rites" entraîne la mise en place d'une hierarchie, ce qui est incompatible avec une morale anarchiste. Aussi la phase initiatique n'est-elle que le moment de la constitution d'un corpus fonctionnel afin d'être révélé, proposé et suivi. Diffusé notamment sous la forme d'une norme HVC.

7.8.11

SITUATION DE TRANSHUMANCE (le reste/réflexion sur la fin de saison du Spectacle)


Le temps consacré à respecter les codes du salariat est énorme, surtout si l’on y intègre l’éducation – le temps passé à être préparé à les comprendre et les accepter -, la consommation – le temps passé à essayer de trouver un intérêt à avoir accepté ces codes -, les opiums – le temps passé à se défaire de la réflexion qui pourrait les remettre en question -, la retraite – le temps passé à se dire qu’on a bien fait, au final, de les accepter -, etc. 
Reste peu de temps pour le reste. Et peu de chances de pouvoir mener sa vie sereinement hors de ses codes : le salariat est une figure imposée, par nous.

29.5.11

SITUATION DE TRANSHUMANCE ( jalon pour la saison)

La vie réussi à durer parce qu’elle surmonte ses crises en recyclant et en réutilisant ses déchets. C’est comme cela que la vie évolue: en recyclant ses déchets.

Recycler le Spectacle pour nous sauver du Spectacle: nous sauver par les moyens même qui causent notre malheur.

Retour à la controverse qui dilascère. 
Epurer le déchet: détruire, conserver, ensemencer. 

Le déchet, le Reste de la Saison du Spectacle. 

Le Reste est un Pharmakon, à la fois puissance nuisible et libératrice.

Pharmakon: ergot et venin, graine et semence. Dialectique du Pharmakon. Travailler le Pharmakon, Alchimie du Reste. Il faut cultiver.

Rien n'a de valeur, ce qu'il faut recycler c'est l'accumulation, c'est cela dont on crève, de prostration, de sidération, de gavage et de chloroforme.

Tout réduire pour redevenir. 
Se ré-acticuler, "s'animer": Il faut être l'amant du chaos pour être une étoile qui danse.



9.4.11

SITUATION DE TRANSHUMANCE


« L’impuissance de la vie se manifeste en ceci que le commencement et le résultat se séparent. Il en est de même dans la vie des individus et des peuples. Chaque Esprit populaire déterminé n’est qu’un individu dans la marche de l’histoire universelle. La vie de chaque peuple fait mûrir un fruit, car son activité vise à réaliser complètement son principe. Mais ce fruit ne retombe pas dans le giron du peuple qui l’a produit. Il ne lui est pas permis d’en jouir. Au contraire, ce fruit devient pour lui une boisson amère. Il ne peut la rejeter car il en a une soif infinie, mais gouter à ce breuvage est sa ruine en même temps que l’avènement d’un nouveau principe. Le fruit redevient germe, germe d’un autre peuple qui mûrira. »
Hegel , La raison dans l’Histoire

16.3.11

SITUATION DE TRANSHUMANCE (Mundus Patet)

“El mismo año, debido a un temblor de tierra o a alguna otra causa violenta se hundió, según dicen, el foro casi en el centro con un gran socavón de enorme profundidad; y no se pudo rellenar aquella la sima echando tierra, que cada uno por su cuenta traía, hasta que, por aviso de los dioses, se comenzó a buscar «lo que constituía la mayor la fuerza del pueblo romano»; esto era, en efecto, lo que había que sacrificar en aquel lugar, según vaticinaban los adivinos, si se quería la perpetuidad de la república romana. Entonces, Marco Curcio, joven distinguido en la guerra, dicen que reprendió a los que ponían en duda que hubiese algún bien romano superior a las armas y el valor; cuando se guardó silencio, fijando la vista en los templos de los dioses inmortales que dominan el foro, y en el Capi­tolio, y tendiendo las manos en dirección ya al cielo ya a la sima abierta en tierra hacia los dioses manes, se ofreció a sí mismo en sacrificio; después, montado en un caballo engalanado con la mayor magnificencia, se precipitó con sus armas en la hendidura, y una multitud de hombres y muje­res depositaron sobre él un montón de ofrendas y frutos.”
Tito Livio VII, 6