La dérive est le Grand Tour initiatique qui conjure l'ordre du Spectacle. Lignes de marges. Dérive VS Spectacle.
La conscience de l'imposition du
Spectacle comme un fait massif, un fait social total, impose en
contrepartie une stratégie et des tactiques.
Acquises sur le terrain, elle suinte l'originalité et l'apprentissage à coup de triques.
D'abord
la distanciation, élastique, le repli, le recours au forêts,
l'ensauvagement pour se désincarcer de la la paraplégie éducative, mais
aussi la guérilla situationnelle, le marronage des situations: faire
vriller les situations, acquérir le don des situations, comprendre les
situations; l'étrangement pour don. Voilà un faisceau de courants qui
conjugue et oriente la dérive dans sa fuite suprême. Autant
d'espace-seuils, autant d'étapes, qui marque l'initiation du conjuré, ce
renégat du Spectacle.
Ainsi va la déconstruction du
Spectacle, rage du contaminé, séparation du règne de la Séparation,
pratiques de marges, culture de l'entre-deux, ces gens du seuil, liberté
de l'ombre, du sans-statut, c'est ici que le dériveur s'aguerrit, c'est
bien la marge qui tient la page, c'est bien là où les "autres"
glissent, sans recours, sans salut, sans marge ou se raccrocher. Sans
aspérités les destins maigres de l'utile épuisent leur encre psychique à
noircir les pages du Spectacle. L'évitement, l'empêchement, tient leur
ligne, la conduit.
Evitement: ne pas prendre en charge
l'existence du Spectacle comme fait global total qui nous englobe et
nous contient, qui instille le moindre rapport à l'existence, glisser
dans la survie augmentée, les parcours balisés du désêtre.
Empêchement:
la croûte de battance que forme l'exposition permanente aux flux et aux
flots de la saturation durcissent la terre mentale. Sans marges, sans
rigoles, l'érosion lamine l'action, la réaction est subvertie. La
faiblesse de la terre mentale est celle de l'indifférence qui protège
mais enferme.
Si tu as un toit soulève-le.