la période du modèle industriel consumériste a atteint ses
limites pour des raisons multiples – et cela, avant tout parce qu’elle
aura fini par détruire le désir, le mental et le moral, et non seulement
l’environnemental, la crise environnementale accentuant cette
démoralisation aussi bien que les tensions et contradictions économiques
et politiques qui en résultent.
Le modèle consumériste a été une façon de capter la libido des
individus, et en la captant, de la détruire – comme on épuise les champs
de pétrole ou les ressources en eau.
Nous soutenons que ce modèle consumériste ne peut plus tenir à la fois
parce que les fondamentaux écologiques ne permettent plus, parce que la
motivation n’existe plus et parce que ce court termisme allié avec une
innovation permanente qui a conduit à une organisation systématique de
l’obsolescence et de la jetabilité généralisées (marchandises, outils de
production, cultures d’entreprise, hommes, structures sociales,
savoirs, régions et pays même, etc.) est insoutenable : il a conduit à
une contraction du temps qui fait qu’il n’y a plus de temps.
Or le
capitalisme ne peut pas marcher s’il n’a plus de temps précisément dans
la mesure où il est fondé sur l’investissement.


