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6.2.12

Sophistique du Crime

On commet un crime contre la jeunesse. Un crime sans nom, "le détournement de vies".

La jeunesse, on lui vole la vie dès le plus jeune âge. Imprégné par le SPECTACLE, enrôlé par lui: elle est la matière à dégrossir l'aliment essentiel dont le système se nourrit.
Parce qu'il vient au monde, le jeune apporte la primo-attention,  celle qui détermine les autres types d'attention à venir, et qui à partir d'elle s'orientent, gravitent et ruissellent. Cette attention captée constitue la pente à travers laquelle le système se développe, grandit, et fait monde, enfermant l'Esprit dans le SPECTACLE. 

En dehors de la BOX point de salut, THERE IS NO ALTERNATIVE (TINA).
 
Le réalisme faisandé du Spectacle constitue l'environnement nécessaire au Golem-système, une puissance stable qui l'alimente, son carburant primaire et définitif, l'humus qui donne vie à la négation de la vie.
 
Dire l'attention, dire sa captation initiale, son détournement criminel et son instrumentalisation ad nauseam, c'est dire la précieuse ressource qu'il faut saisir vierge de tout autre concurrence vitale pour la maintenir sous un contrôle et une instrumentalisation exclusive: un bien plastique pour l'accommoder aux désirs systémiques de la Mégamachine.

Le progrès est vrai: les guerres n'attendent plus les soldats, elles dévorent d'emblée. 
Le reste - la vie - n'est qu'expiation.