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3.10.11

Régression précipité par la tension du maintenant



Critique de l'idée de projet. Foutu projet. L'idée de projet, voilà le reliquat atomisé de l'idée de progrès, encore à faire des siennes, avec cette pré-science du mouvement si caractéristique du salut horizontal. A cela, l'anamnèse mon poussin. On revient sur ses pas.

On ne va pas d'un point A à un point B, mais on remonte du B, de la situation, vers ce que l'on suppose être sa source, le A, qui en faîtes sont des sources, on trace les sources, et on les trame. L'idée de projet, "d'inventer" des méthodes pour aller d'un point A à un point B me fulmine d'idéalisme -transcendant-humanisme-imbécile. Et cette idée je la combats par une ergonomie des idées, une manière de s'emboîter, de faire mouvement, où la position est fonction d'un parcours gravitaire, d'un ordre possible qui est leur véritable généalogie.

Tu ne vas nulle part sans élan, sans retour en arrière. Pour marcher, d'abord plier une jambe, c'est à dire la faire revenir sur soi par un mouvement circulaire qui cherche l'équilibre pour l'action d'abord par un retour vers l'arrière. L'organicité du pas, sa chorégraphie, vaut pour tout mouvement humain, qu'il soit entendu de manière physique, matérielle ou méta-physique, spirituelle (cette dernière distinction n'ayant pas lieu d'être autrement que par convention historique et par nécessité de se faire entendre, je développerai ailleurs l'idée de terre-esprit, communauté de mouvement et de fonctionnement).

Là où il y a mouvement, où il va y avoir mouvement, il y a bouillonnement, inquiétudes, comme si de jambes inquiètes il s'agissait, qui doit être résolue par l'action, ou du moins y trouver sa résolution par l'action. C'est une préparation à l'action, une mise en jambes, et c'est à entendre au propre comme au figuré*. Contradictions qui s'affairent, positions qui tâtent le contexte, la forme où se projeter, avant d'être jetés vers l'avant, vers l'action, tout cela est fonction du balancement instillé par la situation pré-initiale.

Et nous sommes là, dans cette prémisse situationnelle, se défaire de l'habitus qui nous aimante, en allant chercher l'élan qui éclaire.

A rebours, un effort, un arrachement, un écart, un Jihad intérieur, pour forcer, pour quitter la boucle, en bon renégat du Spectacle. Où?

L'appui est dans la chaîne retrouvée ou reconnue, toute détermination éclaire, toute dépendance reconnue libère, dans l'archaïque, dans l'anthropologique, voire dans le biologique. Chair et esprit, commun. Parce que le gravitaire articule l'esprit et la chair de manière semblable, il impose, il distribue. Fantasmes, esquisses de mouvements, intentions qui s'appuient, gestes et actions. On trame, on trace. la chair pense comme l'esprit ordonne, mais c'est la chair qui pense et l'esprit qui mime, elle est le convecteur de gravité par où l'esprit s'instruit.

Qu’il s’agisse de la sortie d’Egypte, de la naissance du confucianisme et de Bouddha, de l’apparition du christianisme à l’irruption de l’islam, de la Réforme à la révolution française et au marxisme, etc, les grandes mutations ont toujours été précédées par un intense travail idéologique, mais il s'agit avant tout de le comprendre comme une gymnastique, de fourbir et d'aiguiser esprit-matière, terre-esprit, de décompacter le soma. Et si c'est ainsi que je l'entends c'est d'abord pour des questions d'énergétique, parce que d'une béance nouvelle, compensatoire d'une représentation déliquescente, surgit des gestes, des mouvements, suscitant une énergie nouvelle qui cherche son emploi comme la rivière fait son lit.

*On me reprochera mon analogisme, mais c'est une manière d'anticiper, à tâtons certes, où est le souci? La seule chose qui m'émeuve sur cette question, c'est qu'auparavant ce travail était fait par les poètes, mais que l'anéantissement de l'intelligence sensible les a réduits à des reliques Jivaros, à ne plus se faire entendre et surtout à ne plus être compris.

1.10.11

La Chute, ou la saison de notre héroïsme

 
SOURCE : DEDEFENSA

Nous avons largement développé l’affirmation de la nécessité d’affronter le Système principalement, sinon exclusivement, en tant que tel et dans son entièreté, en suscitant et en appuyant ses dynamiques et ses situations internes d’autodestruction, sans le moindre souci de cohérence par rapport aux situations internes à lui-même, et découlant de l’activité de ces dynamiques internes. Il nous semble que nombre de nos lecteurs comprennent le sens de notre démarche lorsque nous la présentons. Il semble qu’il existe diverses interventions qui témoignent de cette position de compréhension de notre position, ou qui argumentent autour de cette position en pleine connaissance de cause. A la lumière de ces observations préliminaires, nous allons exposer notre analyse selon une logique qui développe cette idée radicale de la destruction du Système, en trois volets, successivement, selon les développements de cette idée : (1) qu’il est impératif de détruire le Système ; (2) que seul le Système peut se détruire lui-même ; (3) donc, qu’il est impératif de pousser le Système vers son autodestruction.
Il nous a semblé qu’il était utile d’exposer plus en détails cette démarche, son sens, ses modalités, sa finalité avec les références nécessaires, dont certaines des plus importantes doivent nécessairement se trouver hors du Système. Cette dernière idée, d’une importance centrale, rejoint, dans son esprit, celle de l’“inconnaissance” du Système, à propos de laquelle nous avons déjà publié divers textes (notamment le 13 juillet 2011, le 18 juillet 2011 et le 22 juillet 2011). En un sens, la situation hors du Système se traduit comme la situation “activiste” de l’inconnaissance. La nécessité où nous nous trouvons de soutenir les différentes dynamiques et situations internes du Système qui poussent à son autodestruction, sans souci de cohésion par rapport à ces dynamiques et à ces situations, se trouve largement, sinon décisivement alimenté par une position d’inconnaissance qui évite les engagements contraignants et trop “intérieurs” au Système.
Nous avons déjà signalé (le 1er septembre 2001) cette référence à René Guénon, où le métaphysicien recommandait d’éviter de “prendre parti” dans les querelles et polémiques du temps courant, pour ne pas aboutir à des engagements de circonstance qui finiraient par entraver ou contredire l’engagement fondamental. Ce que Guénon disait à propos du soutien de la cause de la Tradition se retrouve, par la même logique adaptée au cas, dans celui de l’inconnaissance comme méthode pour se tenir hors des rets du Système, – cette position ayant d’ailleurs sa place dans le Principe fondamental de la Tradition.
«Entre toutes les choses plus ou moins incohérentes qui s’agitent et se heurtent présentement, entre tous les “mouvements” extérieurs de quelque genre que ce soit, il n’y a donc nullement, au point de vue traditionnel ou même simplement “traditionnaliste”, à “prendre parti” suivant l’expression employée communément, car ce serait être dupe, et, les mêmes influences s’exerçant en réalité derrière tout cela, ce serait proprement faire leur jeu que de se mêler aux luttes voulues et dirigées invisiblement par elles ; le seul fait de “prendre parti” dans ces conditions constituerait donc déjà en définitive, si inconsciemment que ce fût, une attitude anti-traditionnelle.»
Ce territoire de l’inconnaissance ainsi déblayé nous invite à poursuivre plus avant dans la logique qui nous guide vis-à-vis du Système… Le mot est dit, au demeurant, qui invite à en dire plus de son identification et de la perception qu’on en a, – il s’agit du Système. Il faut noter en effet, pour expliquer que nous revenions régulièrement sur le sujet, que l’exploration du Système, de son identification et de sa description, est une tâche en constant développement. (Sa spécificité absolument unique, dans tous les cas unique du point de vue de notre monde à l’époque où il se trouve, justifie la majuscule comme un processus d’identification à coup sûr, – on sait de quoi l’on parle, et il n’y en a qu’un, – le Système.) Il nous paraît évident que le Système a achevé la mise en place de sa “spécificité majusculée” (ce qui lui vaut de passer de l’identification d’ “un système” à celle du “Système”) quasiment avec l’attaque 9/11, et à partir d’elle. La recherche de son identification et de sa description, en évitant ses manigances et ses manœuvres internes, en évitant de s’y engager, etc., marque effectivement une démarche renvoyant à l’inconnaissance. Nous cherchons moins à “connaître” le Système qu’à l’identifier et à le décrire dans ses manifestations subversives, pour déterminer notre propre action.
On verra, en détaillant les situations diverses du Système, que nous nous trouvons dans une situation générale caractérisée par les extrêmes les plus absolus, par les paradoxes les plus complets. D’un côté, nous décrivons des caractères et des situations qui semblent rendre le Système invincible, – et c’est le cas, si l’on parle du Système de l’intérieur du Système, avec l’espoir fallacieux de le “changer” de l’intérieur, soit de le réformer, soit de le rendre vertueux, etc. D’un autre côté, nous décrivons des caractères et des situations qui promettent le Système, inéluctablement, à la destruction complète (à l’autodestruction), – et c’est le cas, si l’on observe le Système de l’extérieur, acharnés à aider à son autodestruction à partir d’une position extérieure qui permet d’embrasser l’entièreté de l’évolution du phénomène. Nous ne sommes pas dans une circonstance dont la raison seule peut rendre compte, – encore plus, une raison dont on sait combien elle est suspecte depuis qu’elle a succombé à la subversion du Système. (Voir “persiflage” et “déchaînement de la Matière”).
Il est inutile de s’expliquer à propos de cette contradiction, qui n’agace effectivement que notre raison subvertie et ceux qui préfèrent s’y soumettre. Nous sommes dans un domaine supérieur, où les exigences de cohésion de cette raison subvertie, selon ses conceptions propres et entachées du poids de son allégeance au Système, ne sont pas recevables. Voici donc une nomenclature des caractères du Système, notamment avec les contradictions qui le caractérisent… 
STEP 6 - LE SIÈGE from SILVERADO SOCIAL PATROL & SPECTA on Vimeo.