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28.12.11

Le voile de Maya (situation de transhumance)

Boulevard du Montparnasse, Paris. 
J'ai une pulsion scripturaire: "Notre époque à habiller toutes les autres de son insondable médiocrité."

En marchant le long du boulevard, je cherche à donner un cadre à ma pulsion. Quelque chose de mieux que l'explication de la recherche d'une satisfaction. 

Ce qui m'intéresse c'est ce qu'elle cherche à dire mais ne peut dire, qui est "enveloppé". Et partant de là je me rend compte qu'en fait de cadre à trouver, il s'agit plutôt de cadre à faire sauter.
Au bout de quelques pas, j'ai trouvé la limpidité. En arrêt. Repensant à une claire, dévastatrice et géométrique citation de Anders. 
Elle exprimait le fond de mon sentiment et en même temps lui donnait un corps conceptuel:
« On ne mesure pas la puissance d’une idéologie aux seules réponses qu’elle est capable de donner, mais aussi aux questions qu’elle parvient à étouffer ». 
(Günter Anders, L’Obsolescence de l’homme - 1956)

14.10.11

Mon Odyssée: Attache-moi!


Tu vas où le vent mène. Tu suis l'appel des sirènes. 
Et la plupart du temps tu es à la périphérie de toi-même...

Ça pourrait faire des vers, c'est juste un constat. 
Il n'y a que lorsque le calme revient, que lorsque la mer est plate, 
que le spectacle a été chassé de l'horizon,  que tu reviens à ton fondement.

Tu sais, ces rares moments où tu crois être, où tu es enfin, toi-même.

Sinon, comme Ulysse, si tu veux être conscient où te mène ta barque, 
tu devras rester attacher au mât si tu veux resister.

dériver, c'est une corvée épique.


22.6.11

SITUATION DE TRANSHUMANCE

Plus un pouvoir est total, plus ses ordres sont imperceptibles. Plus les ordres sont imperceptibles, plus notre obéissance paraît évidente. Plus notre obéissance paraît évidente, plus nous avons l’illusion d’être libres. Et, finalement, plus nous nous croyons libres, plus le pouvoir s’avère total. Si, au XIXe siècle, il était possible de penser qu’il n’y avait rien à perdre hormis les chaînes, aujourd’hui nous nous croyons libres du fait de nos chaînes. Mon contemporain, l’homme de masse, est en réalité un ermite de masse. La massification se faisant de manière solipsiste.
***

Rien à vendre, tout à détruire, pour sortir du néant plein, de la négativité travestie, systématiquement positivée et résolue dans un simulacre d'universalisme existenciel véritablement totalitaire. L'ermite de masse traîne sa tristesse dans un carnaval de slogans bariolés. l'épuisement et la bêtise sont le fer de lance de la nouvelle avant-garde, in girum imus nocte et consumimur igni. Comment ne pas être saisi d'effroi face à cette culture là. Comment ne pas préférer l'ordalie de la dérive, la punition, la pénitence, la folie, tous les chemins de l'ombre, pour peu qu'on reste à la lisière de cette caricature pénible, émancipés du cul et de rien, raréfiés en soi, pesants seulement d'opérativité, de connexions, de contacts, de moyens, jamais de fins. Il faut oser le "passage par l'Enfer" qui donne le sens de la "gravité"! C'est la seule condition du possible. Celle qui révèle l'autre partie du monde, les patries de l'âme.

12.4.11

SITUATION DE TRANSHUMANCE (UN CRI)

Une question d'hygiène morale.
Ils essayent d'alimenter mes projections d'avec le monde de tel sorte que des contraintes se sédimentent qui y fixent mon imaginaire et orientent son dévelloppement (si l'on peut dire). Aussi déconstruire cet "encadrement" avec la plus grande violence, avec la rage la plus aiguë, est-il une nécessité vitale dont on ne peut se départir, sans perpétuer l'hébétude rassie, la zombitude de mes contemporains.