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14.10.11

Mon Odyssée: Attache-moi!


Tu vas où le vent mène. Tu suis l'appel des sirènes. 
Et la plupart du temps tu es à la périphérie de toi-même...

Ça pourrait faire des vers, c'est juste un constat. 
Il n'y a que lorsque le calme revient, que lorsque la mer est plate, 
que le spectacle a été chassé de l'horizon,  que tu reviens à ton fondement.

Tu sais, ces rares moments où tu crois être, où tu es enfin, toi-même.

Sinon, comme Ulysse, si tu veux être conscient où te mène ta barque, 
tu devras rester attacher au mât si tu veux resister.

dériver, c'est une corvée épique.


1.10.11

La Chute, ou la saison de notre héroïsme

 
SOURCE : DEDEFENSA

Nous avons largement développé l’affirmation de la nécessité d’affronter le Système principalement, sinon exclusivement, en tant que tel et dans son entièreté, en suscitant et en appuyant ses dynamiques et ses situations internes d’autodestruction, sans le moindre souci de cohérence par rapport aux situations internes à lui-même, et découlant de l’activité de ces dynamiques internes. Il nous semble que nombre de nos lecteurs comprennent le sens de notre démarche lorsque nous la présentons. Il semble qu’il existe diverses interventions qui témoignent de cette position de compréhension de notre position, ou qui argumentent autour de cette position en pleine connaissance de cause. A la lumière de ces observations préliminaires, nous allons exposer notre analyse selon une logique qui développe cette idée radicale de la destruction du Système, en trois volets, successivement, selon les développements de cette idée : (1) qu’il est impératif de détruire le Système ; (2) que seul le Système peut se détruire lui-même ; (3) donc, qu’il est impératif de pousser le Système vers son autodestruction.
Il nous a semblé qu’il était utile d’exposer plus en détails cette démarche, son sens, ses modalités, sa finalité avec les références nécessaires, dont certaines des plus importantes doivent nécessairement se trouver hors du Système. Cette dernière idée, d’une importance centrale, rejoint, dans son esprit, celle de l’“inconnaissance” du Système, à propos de laquelle nous avons déjà publié divers textes (notamment le 13 juillet 2011, le 18 juillet 2011 et le 22 juillet 2011). En un sens, la situation hors du Système se traduit comme la situation “activiste” de l’inconnaissance. La nécessité où nous nous trouvons de soutenir les différentes dynamiques et situations internes du Système qui poussent à son autodestruction, sans souci de cohésion par rapport à ces dynamiques et à ces situations, se trouve largement, sinon décisivement alimenté par une position d’inconnaissance qui évite les engagements contraignants et trop “intérieurs” au Système.
Nous avons déjà signalé (le 1er septembre 2001) cette référence à René Guénon, où le métaphysicien recommandait d’éviter de “prendre parti” dans les querelles et polémiques du temps courant, pour ne pas aboutir à des engagements de circonstance qui finiraient par entraver ou contredire l’engagement fondamental. Ce que Guénon disait à propos du soutien de la cause de la Tradition se retrouve, par la même logique adaptée au cas, dans celui de l’inconnaissance comme méthode pour se tenir hors des rets du Système, – cette position ayant d’ailleurs sa place dans le Principe fondamental de la Tradition.
«Entre toutes les choses plus ou moins incohérentes qui s’agitent et se heurtent présentement, entre tous les “mouvements” extérieurs de quelque genre que ce soit, il n’y a donc nullement, au point de vue traditionnel ou même simplement “traditionnaliste”, à “prendre parti” suivant l’expression employée communément, car ce serait être dupe, et, les mêmes influences s’exerçant en réalité derrière tout cela, ce serait proprement faire leur jeu que de se mêler aux luttes voulues et dirigées invisiblement par elles ; le seul fait de “prendre parti” dans ces conditions constituerait donc déjà en définitive, si inconsciemment que ce fût, une attitude anti-traditionnelle.»
Ce territoire de l’inconnaissance ainsi déblayé nous invite à poursuivre plus avant dans la logique qui nous guide vis-à-vis du Système… Le mot est dit, au demeurant, qui invite à en dire plus de son identification et de la perception qu’on en a, – il s’agit du Système. Il faut noter en effet, pour expliquer que nous revenions régulièrement sur le sujet, que l’exploration du Système, de son identification et de sa description, est une tâche en constant développement. (Sa spécificité absolument unique, dans tous les cas unique du point de vue de notre monde à l’époque où il se trouve, justifie la majuscule comme un processus d’identification à coup sûr, – on sait de quoi l’on parle, et il n’y en a qu’un, – le Système.) Il nous paraît évident que le Système a achevé la mise en place de sa “spécificité majusculée” (ce qui lui vaut de passer de l’identification d’ “un système” à celle du “Système”) quasiment avec l’attaque 9/11, et à partir d’elle. La recherche de son identification et de sa description, en évitant ses manigances et ses manœuvres internes, en évitant de s’y engager, etc., marque effectivement une démarche renvoyant à l’inconnaissance. Nous cherchons moins à “connaître” le Système qu’à l’identifier et à le décrire dans ses manifestations subversives, pour déterminer notre propre action.
On verra, en détaillant les situations diverses du Système, que nous nous trouvons dans une situation générale caractérisée par les extrêmes les plus absolus, par les paradoxes les plus complets. D’un côté, nous décrivons des caractères et des situations qui semblent rendre le Système invincible, – et c’est le cas, si l’on parle du Système de l’intérieur du Système, avec l’espoir fallacieux de le “changer” de l’intérieur, soit de le réformer, soit de le rendre vertueux, etc. D’un autre côté, nous décrivons des caractères et des situations qui promettent le Système, inéluctablement, à la destruction complète (à l’autodestruction), – et c’est le cas, si l’on observe le Système de l’extérieur, acharnés à aider à son autodestruction à partir d’une position extérieure qui permet d’embrasser l’entièreté de l’évolution du phénomène. Nous ne sommes pas dans une circonstance dont la raison seule peut rendre compte, – encore plus, une raison dont on sait combien elle est suspecte depuis qu’elle a succombé à la subversion du Système. (Voir “persiflage” et “déchaînement de la Matière”).
Il est inutile de s’expliquer à propos de cette contradiction, qui n’agace effectivement que notre raison subvertie et ceux qui préfèrent s’y soumettre. Nous sommes dans un domaine supérieur, où les exigences de cohésion de cette raison subvertie, selon ses conceptions propres et entachées du poids de son allégeance au Système, ne sont pas recevables. Voici donc une nomenclature des caractères du Système, notamment avec les contradictions qui le caractérisent… 
STEP 6 - LE SIÈGE from SILVERADO SOCIAL PATROL & SPECTA on Vimeo.

26.2.11

L'accélération de l'Histoire

"[Le] phénomène d’ 'accélération de l’Histoire', qui se conjugue et se traduit par une accélération du temps historique qui est nécessairement une contraction, nous semble particulièrement s’affirmer dans les circonstances présentes. Il nous semble en effet que cette contraction du temps traduit la puissance et l’entraînement irrésistible d’événements métahistoriques eux-mêmes d’une très grande puissance. Il s’agit typiquement d’une période 'maistrienne' où le rythme et la puissance des événements surmontent aisément la capacité des hommes placés à la direction des sociétés et des organismes constitués à les comprendre, à les suivre, sans même parler, bien entendu, de les contrôler. De ce point de vue, il s’agit d’une période 'révolutionnaire', mais cela compris en évitant absolument et impérativement de s’attacher au sens idéologique et politique du mot, tel que l’implique spécifiquement le langage de la modernité avec son sens progressiste. On pourrait même avancer qu’il faudrait également et surtout prendre le mot selon son sens initial (celui que rappelait Hanna Arendt), qui est celui d’un 'révolution' d’un astre autour d’un point dans l’espace, et le caractère 'révolutionnaire' serait alors complètement séparé de son sens idéologique en signalant un bouleversement cosmique, cyclique, éventuellement avec un retour sur l'essence de l’origine de lui-même (qu'on pourrait nommer Tradition), enrichi de l’expérience et de l’enseignement de la période. Sans s'attacher au sens précis de l'image qui conduirait à un débat qui n'est pas le sujet autour de thèses connues (théorie cyclique, l' 'éternel retour', etc.) mais en s'attachant exclusivement à son symbolisme, l’interprétation contredit absolument les références au Progrès, à la modernité, à un 'sens de l’Histoire' progressiste ou néo-libéral, voire neocon ; non seulement elle les contredit mais, plus encore, elle s’institue résolument au-dessus de ces références, en réduisant celles-ci à une mystification complète et à une falsification dérisoire. Cette interprétation transforme la crise politique et historique en une crise métahistorique et eschatologique, au-delà de la moindre influence décisive de l’action humaine concertée selon les instructions du Système qui a phagocyté l’évolution de notre civilisation en la transformant en une 'contre-civilisation' absolument maléfique".
"La crise n’en est pas une à proprement parler mais une structure crisique qui s’étend comme une pandémie, et avec un caractère eschatologique évident malgré qu’il s’agisse d’événements concernant les sapiens – 'eschatologique', c’est-à-dire échappant au contrôle humain, parce que tout cela se trouve sous l’empire d’un Système lui-même devenu eschatologique et en cours d’effondrement. Avant, une 'révolution' impliquait une surprise, qui entraînait la perte de contrôle par les autorités au profit des 'révolutionnaires' ; d’où la fausseté de la théorie des dominos, puisqu’une révolution faisait craindre la contagion, suscitait des mises en alerte, effaçait l’effet de surprise chez les autres, conduisait à des révolutions avortées et démentait la théorie. On peut faire l’hypothèse qu’avant, dans l’époque géopolitique qui précéda notre époque psychopolitique, le désordre 'révolutionnaire' ne se serait pas si aisément diffusé. La différence est, à notre sens, moins dans la peur des autorités que dans la notion de l’effondrement du contrôle général, et cette notion de contrôle s’étendant jusqu’au domaine nécessairement inconscient de la psychologie, qui ne serait pas un acte de propagande mais la simple situation marquée par l’assurance que tous les esprits, y compris ceux de ses adversaires, restent bien à l’intérieur de la logique du Système – sa bulle virtualiste, en vérité.
Aujourd’hui, le 'contrôle' n’existe plus (la bulle est crevée, le virtualisme à l'agonie), y compris aux USA où l’on passe son temps à spéculer sur la forme que prendra l’effondrement… des USA. La psychologie collective 'sent' bien cela, cette odeur de poudre, ces bruits sourds annonçant le séisme. Les directions politiques ont moins 'peur du peuple' qu’elles ne sont épuisées psychologiquement, sans conviction, affaiblies par la corruption du discours faussaire du virtualisme, et même obscurément conscientes de la justesse des réactions populaires (infection psychologique par l’évidence de la justesse de la crise). Aujourd’hui, l’événement n’est plus politique ('révolution', 'réforme', bla bla bla), il est fondamentalement psychologique, dans la réalisation inconsciente qui pèse d’un poids terrible sur notre raison si satisfaite d’elle-même que ce Système qui s’est construit sur la vanité de cette même raison ne tient plus, qu’il s’effondre à son rythme, comme une énorme chose pourrie et rongée par les termites. Dans ce cas, la théorie des dominos, qui était une construction théorique non réalisée dans les temps d'avant, reprise d’ailleurs par les imprudents neocons, marche à plein, par le canal de la psychologie. La surprise nécessaire aux 'révolutions' qui ont bercé d’illusions sanglantes notre XXème simple n’est plus nécessaire car nous sommes placés devant la fatalité de l’effondrement, comme une gigantesque contagion globalisée, – la fatalité ayant remplacé la surprise et garantissant l’expansion de la pandémie. (Enfin, on vous l’avait bien dit : la globalisation est une affaire qui marche.)