SOURCE : DEDEFENSA
Nous avons largement développé l’affirmation de la nécessité
d’affronter le Système principalement, sinon exclusivement,
en tant que tel et dans son entièreté, en suscitant et en appuyant ses
dynamiques et ses situations internes d’autodestruction, sans le
moindre souci de cohérence par rapport aux situations internes à
lui-même, et découlant de l’activité de ces dynamiques internes. Il nous
semble que nombre de nos lecteurs comprennent le sens de notre démarche
lorsque nous la présentons. Il semble qu’il existe diverses
interventions qui témoignent de cette position de compréhension de
notre position, ou qui argumentent autour de cette position en pleine
connaissance de cause. A la lumière de ces observations préliminaires,
nous allons exposer notre analyse selon une logique qui développe
cette idée radicale de la destruction du Système, en trois volets,
successivement, selon les développements de cette idée : (1) qu’il
est impératif de détruire le Système ; (2) que seul le Système peut se détruire lui-même ; (3)
donc, qu’il est impératif de pousser le Système vers son autodestruction.
Il nous a semblé qu’il était utile d’exposer plus en détails cette
démarche, son sens, ses modalités, sa finalité avec les références
nécessaires, dont certaines des plus importantes doivent nécessairement
se trouver hors du Système. Cette dernière idée,
d’une importance centrale, rejoint, dans son esprit, celle de
l’“inconnaissance” du Système, à propos de laquelle nous avons déjà
publié
divers textes (notamment le 13 juillet
2011, le 18 juillet
2011 et le 22 juillet 2011). En un sens, la situation hors
du Système se traduit comme la situation “activiste” de
l’inconnaissance. La nécessité où nous nous trouvons de soutenir les
différentes dynamiques et situations internes du Système qui poussent à
son autodestruction, sans souci de cohésion par rapport à ces
dynamiques et à ces situations, se trouve largement, sinon décisivement
alimenté par une position d’inconnaissance qui évite les engagements
contraignants et trop “intérieurs” au Système.
Nous avons déjà signalé (le 1er septembre
2001) cette référence à René Guénon, où le métaphysicien
recommandait d’éviter de “prendre parti” dans les querelles et
polémiques du
temps courant, pour ne pas aboutir à des engagements de circonstance
qui finiraient par entraver ou contredire l’engagement fondamental. Ce
que Guénon disait à propos du soutien de la cause de la Tradition se
retrouve, par la même logique adaptée au cas, dans celui de
l’inconnaissance comme méthode pour se tenir hors des rets du Système, –
cette position ayant d’ailleurs sa place dans le Principe
fondamental de la Tradition.
«Entre toutes les choses plus ou moins incohérentes qui s’agitent
et se heurtent présentement, entre tous les “mouvements” extérieurs de
quelque genre que ce soit, il n’y a donc nullement, au point de vue
traditionnel ou même simplement “traditionnaliste”, à “prendre parti”
suivant l’expression employée communément, car ce serait être dupe, et,
les mêmes influences s’exerçant en réalité derrière tout cela, ce
serait proprement faire leur jeu que de se mêler aux luttes voulues et
dirigées invisiblement par elles ; le seul fait de “prendre parti”
dans ces conditions constituerait donc déjà en définitive, si
inconsciemment que ce fût, une attitude anti-traditionnelle.»
Ce territoire de l’inconnaissance ainsi déblayé nous invite à
poursuivre plus avant dans la logique qui nous guide vis-à-vis du
Système… Le
mot est dit, au demeurant, qui invite à en dire plus de son
identification et de la perception qu’on en a, – il s’agit du Système.
Il faut
noter en effet, pour expliquer que nous revenions régulièrement sur le
sujet, que l’exploration du Système, de son identification et de sa
description, est une tâche en constant développement. (Sa spécificité
absolument unique, dans tous les cas unique du point de vue de notre
monde à l’époque où il se trouve, justifie la majuscule comme un
processus d’identification à coup sûr, – on sait de quoi l’on parle, et
il
n’y en a qu’un, – le Système.) Il nous paraît évident que le Système a
achevé la mise en place de sa “spécificité majusculée” (ce qui lui
vaut de passer de l’identification d’ “un système” à celle du
“Système”) quasiment avec l’attaque 9/11, et à partir d’elle. La
recherche de
son identification et de sa description, en évitant ses manigances et
ses manœuvres internes, en évitant de s’y engager, etc., marque
effectivement une démarche renvoyant à l’inconnaissance. Nous cherchons
moins à “connaître” le Système qu’à l’identifier et à le décrire
dans ses manifestations subversives, pour déterminer notre propre
action.
On verra, en détaillant les situations diverses du Système, que nous
nous trouvons dans une situation générale caractérisée par les extrêmes
les plus absolus, par les paradoxes les plus complets. D’un côté, nous
décrivons des caractères et des situations qui semblent rendre le
Système invincible, – et c’est le cas, si l’on parle du Système de
l’intérieur du Système, avec l’espoir fallacieux de le “changer” de
l’intérieur, soit de le réformer, soit de le rendre vertueux, etc. D’un
autre côté, nous décrivons des caractères et des situations qui
promettent le Système, inéluctablement, à la destruction complète (à l’autodestruction),
–
et c’est le cas, si l’on observe le Système de l’extérieur, acharnés à
aider à son autodestruction à partir d’une position extérieure qui
permet d’embrasser l’entièreté de l’évolution du phénomène. Nous ne
sommes pas dans une circonstance dont la raison seule peut rendre
compte, – encore plus, une raison dont on sait combien elle est
suspecte depuis qu’elle a succombé à la subversion du Système. (Voir “persiflage” et “déchaînement de la
Matière”).
Il est inutile de s’expliquer à propos de cette contradiction, qui
n’agace effectivement que notre raison subvertie et ceux qui préfèrent
s’y soumettre. Nous sommes dans un domaine supérieur, où les exigences
de cohésion de cette raison subvertie, selon ses conceptions propres
et entachées du poids de son allégeance au Système, ne sont pas
recevables. Voici donc une nomenclature des caractères du Système,
notamment
avec les contradictions qui le caractérisent…
