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10.2.12

S'adapter et crever (situation de transhumance)

L'adaptation au système ou comment raccourcir l'espèce.
 
L'adaptation est un concept, une idée qui nous est vendu comme un progrès. Et elle peut nous sembler un progrès par le discours sur la complexité (enfumages) qui semble la rendre nécessaire. 
Mais en fait l'adaptation qui nous est vendu comme une nécessité incontournable, "There Is No Alternative", s'adapter au système ou crever, est antinomique avec la notion évolutive et anthropologique d'adaptation. C'est une adaptation à tout les égards inhumaine, non-humaine, ou post-humaine: plus tu t'adaptes, plus tu t'éloignes de tes bases évolutives, plus tu risque le burnout existentiel. Le temps de l'évolution du vivant n'est pas celui du cycle de la marchandise. Le laisser croire serait participer d'une imbécillité criminel.
Cette adaptation à un système mortifère régi par un principe délirant du profit est une fragilisation et un boostage de l’entropie: c'est une machine accéléré qui au seuil de sa puissance maximale part en vrille, éclate et s'effondre.
Dans le cas de la finance, qui présentement verrouillent les esprits, il s’agit de gagner le maximum au détriment du système présenté comme le meilleur en dehors des autres. 
On voit la logique et la fin de ce modèle qui ne fonctionne qu’en grossissant.

5.12.11

DIAGNOSTIC AAA



Au stade actuel de la destruction du désir, nous avons atteint la limite d’une hyper prolétarisation telle que « toutes les couches de la population » comme disaient Marx et Engels en 1848 « perdent leurs savoirs », y compris et peut-être même surtout les gens qui sont à la tête des organes de décision et de métadécision, telle la FED, et à cet égard, le discours tenu par Greenspan pour sa défense devant la chambre des représentants après la faillite de Lehman Brothers est très frappant, puisqu’il dit en substance « je ne savais pas ». 



Un homme qui ne sait pas et qui fait sans savoir, parce que le savoir est passé dans le dispositif technique dont il est devenu le servant, cela s’appelle depuis Marx un prolétaire. 


 SPECIAL THANKS TO MERKELITO, ABISMO NEGRO, MINI ABISMO NEGRO, 
MINI HISTERIA AND THE PSYCHO CIRCUS

4.12.11

QUELQUES NOTES DE TRIPLE A



la période du modèle industriel consumériste a atteint ses limites pour des raisons multiples – et cela, avant tout parce qu’elle aura fini par détruire le désir, le mental et le moral, et non seulement l’environnemental, la crise environnementale accentuant cette démoralisation aussi bien que les tensions et contradictions économiques et politiques qui en résultent. 


Le modèle consumériste a été une façon de capter la libido des individus, et en la captant, de la détruire – comme on épuise les champs de pétrole ou les ressources en eau.


Nous soutenons que ce modèle consumériste ne peut plus tenir à la fois parce que les fondamentaux écologiques ne permettent plus, parce que la motivation n’existe plus et parce que ce court termisme allié avec une innovation permanente qui a conduit à une organisation systématique de l’obsolescence et de la jetabilité généralisées (marchandises, outils de production, cultures d’entreprise, hommes, structures sociales, savoirs, régions et pays même, etc.) est insoutenable : il a conduit à une contraction du temps qui fait qu’il n’y a plus de temps.


Or le capitalisme ne peut pas marcher s’il n’a plus de temps précisément dans la mesure où il est fondé sur l’investissement.

22.6.11

SITUATION DE TRANSHUMANCE

Plus un pouvoir est total, plus ses ordres sont imperceptibles. Plus les ordres sont imperceptibles, plus notre obéissance paraît évidente. Plus notre obéissance paraît évidente, plus nous avons l’illusion d’être libres. Et, finalement, plus nous nous croyons libres, plus le pouvoir s’avère total. Si, au XIXe siècle, il était possible de penser qu’il n’y avait rien à perdre hormis les chaînes, aujourd’hui nous nous croyons libres du fait de nos chaînes. Mon contemporain, l’homme de masse, est en réalité un ermite de masse. La massification se faisant de manière solipsiste.
***

Rien à vendre, tout à détruire, pour sortir du néant plein, de la négativité travestie, systématiquement positivée et résolue dans un simulacre d'universalisme existenciel véritablement totalitaire. L'ermite de masse traîne sa tristesse dans un carnaval de slogans bariolés. l'épuisement et la bêtise sont le fer de lance de la nouvelle avant-garde, in girum imus nocte et consumimur igni. Comment ne pas être saisi d'effroi face à cette culture là. Comment ne pas préférer l'ordalie de la dérive, la punition, la pénitence, la folie, tous les chemins de l'ombre, pour peu qu'on reste à la lisière de cette caricature pénible, émancipés du cul et de rien, raréfiés en soi, pesants seulement d'opérativité, de connexions, de contacts, de moyens, jamais de fins. Il faut oser le "passage par l'Enfer" qui donne le sens de la "gravité"! C'est la seule condition du possible. Celle qui révèle l'autre partie du monde, les patries de l'âme.

26.5.11

SITUATION DE TRANSHUMANCE (constat)

Lorsque je raconte mes transhumances, mes morales à deux balles, mes délires parfaits ou mes dérives sévères, je le fais dans le seul but d’arrêter, presque en l’air, deux ou trois cris féroces, deux ou trois grognements déchirants et caverneux qui pourraient certainement mieux exprimer la vérité de la situation.

3.4.11

REPÈRE DE LA PASSION DU SPECTACLE

 
ELIMINER, CONSERVER, ENSEMENCER
 
(KOMODO MOMOTXORROAK EN ACTION)

LES MYSTÈRES DE "LA PASSION DU SPECTACLE", LES SÉQUENCES RITUELLES DE RECYCLAGE DE LA SAISON DU SPECTACLE, S'ORDONNENT EN FONCTION D'UNE LOGIQUE SACRIFICIELLE DE TYPE DIALECTIQUE, DOMINÉ PAR LE CHIFFRE 3, LA TRIADE, DONT L'UN DES TERMES EST D'ÉLIMINER.

UNE DIALECTIQUE SACRIFICIELLE DONT LES  EFFETS SONT CATHARTIQUES À COURT TERME, ET DE SUBLIMATION À PLUS LONG TERME.

26.2.11

L'accélération de l'Histoire

"[Le] phénomène d’ 'accélération de l’Histoire', qui se conjugue et se traduit par une accélération du temps historique qui est nécessairement une contraction, nous semble particulièrement s’affirmer dans les circonstances présentes. Il nous semble en effet que cette contraction du temps traduit la puissance et l’entraînement irrésistible d’événements métahistoriques eux-mêmes d’une très grande puissance. Il s’agit typiquement d’une période 'maistrienne' où le rythme et la puissance des événements surmontent aisément la capacité des hommes placés à la direction des sociétés et des organismes constitués à les comprendre, à les suivre, sans même parler, bien entendu, de les contrôler. De ce point de vue, il s’agit d’une période 'révolutionnaire', mais cela compris en évitant absolument et impérativement de s’attacher au sens idéologique et politique du mot, tel que l’implique spécifiquement le langage de la modernité avec son sens progressiste. On pourrait même avancer qu’il faudrait également et surtout prendre le mot selon son sens initial (celui que rappelait Hanna Arendt), qui est celui d’un 'révolution' d’un astre autour d’un point dans l’espace, et le caractère 'révolutionnaire' serait alors complètement séparé de son sens idéologique en signalant un bouleversement cosmique, cyclique, éventuellement avec un retour sur l'essence de l’origine de lui-même (qu'on pourrait nommer Tradition), enrichi de l’expérience et de l’enseignement de la période. Sans s'attacher au sens précis de l'image qui conduirait à un débat qui n'est pas le sujet autour de thèses connues (théorie cyclique, l' 'éternel retour', etc.) mais en s'attachant exclusivement à son symbolisme, l’interprétation contredit absolument les références au Progrès, à la modernité, à un 'sens de l’Histoire' progressiste ou néo-libéral, voire neocon ; non seulement elle les contredit mais, plus encore, elle s’institue résolument au-dessus de ces références, en réduisant celles-ci à une mystification complète et à une falsification dérisoire. Cette interprétation transforme la crise politique et historique en une crise métahistorique et eschatologique, au-delà de la moindre influence décisive de l’action humaine concertée selon les instructions du Système qui a phagocyté l’évolution de notre civilisation en la transformant en une 'contre-civilisation' absolument maléfique".
"La crise n’en est pas une à proprement parler mais une structure crisique qui s’étend comme une pandémie, et avec un caractère eschatologique évident malgré qu’il s’agisse d’événements concernant les sapiens – 'eschatologique', c’est-à-dire échappant au contrôle humain, parce que tout cela se trouve sous l’empire d’un Système lui-même devenu eschatologique et en cours d’effondrement. Avant, une 'révolution' impliquait une surprise, qui entraînait la perte de contrôle par les autorités au profit des 'révolutionnaires' ; d’où la fausseté de la théorie des dominos, puisqu’une révolution faisait craindre la contagion, suscitait des mises en alerte, effaçait l’effet de surprise chez les autres, conduisait à des révolutions avortées et démentait la théorie. On peut faire l’hypothèse qu’avant, dans l’époque géopolitique qui précéda notre époque psychopolitique, le désordre 'révolutionnaire' ne se serait pas si aisément diffusé. La différence est, à notre sens, moins dans la peur des autorités que dans la notion de l’effondrement du contrôle général, et cette notion de contrôle s’étendant jusqu’au domaine nécessairement inconscient de la psychologie, qui ne serait pas un acte de propagande mais la simple situation marquée par l’assurance que tous les esprits, y compris ceux de ses adversaires, restent bien à l’intérieur de la logique du Système – sa bulle virtualiste, en vérité.
Aujourd’hui, le 'contrôle' n’existe plus (la bulle est crevée, le virtualisme à l'agonie), y compris aux USA où l’on passe son temps à spéculer sur la forme que prendra l’effondrement… des USA. La psychologie collective 'sent' bien cela, cette odeur de poudre, ces bruits sourds annonçant le séisme. Les directions politiques ont moins 'peur du peuple' qu’elles ne sont épuisées psychologiquement, sans conviction, affaiblies par la corruption du discours faussaire du virtualisme, et même obscurément conscientes de la justesse des réactions populaires (infection psychologique par l’évidence de la justesse de la crise). Aujourd’hui, l’événement n’est plus politique ('révolution', 'réforme', bla bla bla), il est fondamentalement psychologique, dans la réalisation inconsciente qui pèse d’un poids terrible sur notre raison si satisfaite d’elle-même que ce Système qui s’est construit sur la vanité de cette même raison ne tient plus, qu’il s’effondre à son rythme, comme une énorme chose pourrie et rongée par les termites. Dans ce cas, la théorie des dominos, qui était une construction théorique non réalisée dans les temps d'avant, reprise d’ailleurs par les imprudents neocons, marche à plein, par le canal de la psychologie. La surprise nécessaire aux 'révolutions' qui ont bercé d’illusions sanglantes notre XXème simple n’est plus nécessaire car nous sommes placés devant la fatalité de l’effondrement, comme une gigantesque contagion globalisée, – la fatalité ayant remplacé la surprise et garantissant l’expansion de la pandémie. (Enfin, on vous l’avait bien dit : la globalisation est une affaire qui marche.)