SOMMEIL PARADOXAL: LA PROGRAMMATION S'ÉBRANLE AVANT L'ÉVEIL ACTIF
Rien ne devient tant que l'on ne l'a pas ressenti.
C'est la chair qui pense.
Cultiver.
Qu'un sang nouveau abreuve nos sillons.
IL FAUT BRASSER LE SANG DU SPECTACLE.
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14.2.12
SYNTAGMA SESSION (SITUATION DE TRANSHUMANCE)
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24.12.11
Depuis six mille ans la guerre - V. Hugo
Depuis six mille ans la guerre
Plait aux peuples querelleurs,
Et Dieu perd son temps à faire
Les étoiles et les fleurs.
Les conseils du ciel immense,
Du lys pur, du nid doré,
N'ôtent aucune démence
Du coeur de l'homme effaré.
Les carnages, les victoires,
Voilà notre grand amour ;
Et les multitudes noires
Ont pour grelot le tambour.
La gloire, sous ses chimères
Et sous ses chars triomphants,
Met toutes les pauvres mères
Et tous les petits enfants.
Notre bonheur est farouche ;
C'est de dire : Allons ! mourons !
Et c'est d'avoir à la bouche
La salive des clairons.
L'acier luit, les bivouacs fument ;
Pâles, nous nous déchaînons ;
Les sombres âmes s'allument
Aux lumières des canons.
Et cela pour des altesses
Qui, vous à peine enterrés,
Se feront des politesses
Pendant que vous pourrirez,
Et que, dans le champ funeste,
Les chacals et les oiseaux,
Hideux, iront voir s'il reste
De la chair après vos os !
Aucun peuple ne tolère
Qu'un autre vive à côté ;
Et l'on souffle la colère
Dans notre imbécillité.
C'est un Russe ! Egorge, assomme.
Un Croate ! Feu roulant.
C'est juste. Pourquoi cet homme
Avait-il un habit blanc ?
Celui-ci, je le supprime
Et m'en vais, le coeur serein,
Puisqu'il a commis le crime
De naître à droite du Rhin.
Rosbach ! Waterloo ! Vengeance !
L'homme, ivre d'un affreux bruit,
N'a plus d'autre intelligence
Que le massacre et la nuit.
On pourrait boire aux fontaines,
Prier dans l'ombre à genoux,
Aimer, songer sous les chênes ;
Tuer son frère est plus doux.
On se hache, on se harponne,
On court par monts et par vaux ;
L'épouvante se cramponne
Du poing aux crins des chevaux.
Et l'aube est là sur la plaine !
Oh ! j'admire, en vérité,
Qu'on puisse avoir de la haine
Quand l'alouette a chanté.
Victor HUGO (1802-1885)
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3.10.11
Régression précipité par la tension du maintenant
Critique de l'idée de projet. Foutu projet. L'idée de projet, voilà le reliquat atomisé de l'idée de progrès, encore à faire des siennes, avec cette pré-science du mouvement si caractéristique du salut horizontal. A cela, l'anamnèse mon poussin. On revient sur ses pas.
On ne va pas d'un point A à un point B, mais on remonte du B, de la situation, vers ce que l'on suppose être sa source, le A, qui en faîtes sont des sources, on trace les sources, et on les trame. L'idée de projet, "d'inventer" des méthodes pour aller d'un point A à un point B me fulmine d'idéalisme -transcendant-humanisme-imbécile. Et cette idée je la combats par une ergonomie des idées, une manière de s'emboîter, de faire mouvement, où la position est fonction d'un parcours gravitaire, d'un ordre possible qui est leur véritable généalogie.
Tu ne vas nulle part sans élan, sans retour en arrière. Pour marcher, d'abord plier une jambe, c'est à dire la faire revenir sur soi par un mouvement circulaire qui cherche l'équilibre pour l'action d'abord par un retour vers l'arrière. L'organicité du pas, sa chorégraphie, vaut pour tout mouvement humain, qu'il soit entendu de manière physique, matérielle ou méta-physique, spirituelle (cette dernière distinction n'ayant pas lieu d'être autrement que par convention historique et par nécessité de se faire entendre, je développerai ailleurs l'idée de terre-esprit, communauté de mouvement et de fonctionnement).
Là où il y a mouvement, où il va y avoir mouvement, il y a bouillonnement, inquiétudes, comme si de jambes inquiètes il s'agissait, qui doit être résolue par l'action, ou du moins y trouver sa résolution par l'action. C'est une préparation à l'action, une mise en jambes, et c'est à entendre au propre comme au figuré*. Contradictions qui s'affairent, positions qui tâtent le contexte, la forme où se projeter, avant d'être jetés vers l'avant, vers l'action, tout cela est fonction du balancement instillé par la situation pré-initiale.
Et nous sommes là, dans cette prémisse situationnelle, se défaire de l'habitus qui nous aimante, en allant chercher l'élan qui éclaire.
A rebours, un effort, un arrachement, un écart, un Jihad intérieur, pour forcer, pour quitter la boucle, en bon renégat du Spectacle. Où?
L'appui est dans la chaîne retrouvée ou reconnue, toute détermination éclaire, toute dépendance reconnue libère, dans l'archaïque, dans l'anthropologique, voire dans le biologique. Chair et esprit, commun. Parce que le gravitaire articule l'esprit et la chair de manière semblable, il impose, il distribue. Fantasmes, esquisses de mouvements, intentions qui s'appuient, gestes et actions. On trame, on trace. la chair pense comme l'esprit ordonne, mais c'est la chair qui pense et l'esprit qui mime, elle est le convecteur de gravité par où l'esprit s'instruit.
Qu’il s’agisse de la sortie d’Egypte, de la naissance du confucianisme et de Bouddha, de l’apparition du christianisme à l’irruption de l’islam, de la Réforme à la révolution française et au marxisme, etc, les grandes mutations ont toujours été précédées par un intense travail idéologique, mais il s'agit avant tout de le comprendre comme une gymnastique, de fourbir et d'aiguiser esprit-matière, terre-esprit, de décompacter le soma. Et si c'est ainsi que je l'entends c'est d'abord pour des questions d'énergétique, parce que d'une béance nouvelle, compensatoire d'une représentation déliquescente, surgit des gestes, des mouvements, suscitant une énergie nouvelle qui cherche son emploi comme la rivière fait son lit.
*On me reprochera mon analogisme, mais c'est une manière d'anticiper, à tâtons certes, où est le souci? La seule chose qui m'émeuve sur cette question, c'est qu'auparavant ce travail était fait par les poètes, mais que l'anéantissement de l'intelligence sensible les a réduits à des reliques Jivaros, à ne plus se faire entendre et surtout à ne plus être compris.
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2.10.11
Les Gensbiens c'est mon flip...
...Une zombitude consternante de massivité. Un gros flip.
Les
Gensbiens, ils se vivent comme un principe d'unité, factice et
inébranlable. Si vous arrivez à les dessiller de leurs comportements
induits, ils entrent dans une phase de dissonance cognitive, et le
reconnaissant, entame un processus de rétropédalage impressionnant. En
gros, "arrête de me dessiller! Tu vas me niquer ma journée". L'individu
Gensbien est un compacté, c'est un soma-dur, il n'aime pas qu'on
l'étire, c'est tout de suite qu'il revient sur sa crampe.
Il est aussi le raréfié: respirer un autre air ça le perturbe, se mettre debout, se relever, ça lui donne des vertiges. Aussi avant de faire "naufrage" de part nos injonctions administrées ("réveille-toi connard!"), il revient vers sa pré-couche de mémoire de forme.
Ces gens-là, les Gensbiens, les salauds sincères, ils me font flipper, ils ouvrent l'éventail de la banalité du mal dans toute sa virtualité, qui est une probabilité certaine. Arrimés par la nécessité, et finalement n'ayant jamais décroché d'elle, puisque c'est elle qui les pense, ils sont des Eichmann à profusion.
Nous, les rebelles, les désaxés, renégats du Spectacle, qui avons la dissonance pour patrie, nous nous savons chaîne et maillon, et rien de ce qui se trouve avant ou après nous dans nos actes ou nos pensées ne nous est étranger, nous sommes dans la vibration, constamment informé par le bruit du monde. Il nous traverse. Cette souffrance, cette sensibilité, millimétrée, appliquée, cette anticipation sur l'abîme, orne nos fronts d'un sceau rageur: "Pourquoi as-tu collaborer? Autant..."
Participer, c 'est accepter. La fabrique de la peur capture l'attention, la malaxe en un consentement permanent, fuyant les brisures de sens. Collaborer, c'est d'abord ça, se protéger, avoir un toit pour ses idées.
Les Gensbiens, ils sont la main invisible des petits égoismes qui pérorent: une morale, des intérêts, pas d'inquiétudes. La peur fuit la dissonance, se vautre dans les fausses logiques du quotidien.
...Mais aujourd'hui, que faire?
Alors que l'hologramme du système en tant que spectacle commence à se déglinguer.
Où le troupeau de tête, celui qui entraîne le reste du bétail humain va-t-il trouver sa légitimité finale si ce n'est dans sa dissolution?
Il est aussi le raréfié: respirer un autre air ça le perturbe, se mettre debout, se relever, ça lui donne des vertiges. Aussi avant de faire "naufrage" de part nos injonctions administrées ("réveille-toi connard!"), il revient vers sa pré-couche de mémoire de forme.
Ces gens-là, les Gensbiens, les salauds sincères, ils me font flipper, ils ouvrent l'éventail de la banalité du mal dans toute sa virtualité, qui est une probabilité certaine. Arrimés par la nécessité, et finalement n'ayant jamais décroché d'elle, puisque c'est elle qui les pense, ils sont des Eichmann à profusion.
Nous, les rebelles, les désaxés, renégats du Spectacle, qui avons la dissonance pour patrie, nous nous savons chaîne et maillon, et rien de ce qui se trouve avant ou après nous dans nos actes ou nos pensées ne nous est étranger, nous sommes dans la vibration, constamment informé par le bruit du monde. Il nous traverse. Cette souffrance, cette sensibilité, millimétrée, appliquée, cette anticipation sur l'abîme, orne nos fronts d'un sceau rageur: "Pourquoi as-tu collaborer? Autant..."
Participer, c 'est accepter. La fabrique de la peur capture l'attention, la malaxe en un consentement permanent, fuyant les brisures de sens. Collaborer, c'est d'abord ça, se protéger, avoir un toit pour ses idées.
Les Gensbiens, ils sont la main invisible des petits égoismes qui pérorent: une morale, des intérêts, pas d'inquiétudes. La peur fuit la dissonance, se vautre dans les fausses logiques du quotidien.
...Mais aujourd'hui, que faire?
Alors que l'hologramme du système en tant que spectacle commence à se déglinguer.
Où le troupeau de tête, celui qui entraîne le reste du bétail humain va-t-il trouver sa légitimité finale si ce n'est dans sa dissolution?
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VOIE DU RÂLE
9.9.11
Du reste et du catharthique
Traiter, ritualiser le reste, épurer le pharmakon, enfin exhumer le goût de la saison, et exhaler son parfum sur les saisons à venir (komodo en transe).
Le temps consacré à respecter les codes du salariat est énorme, surtout si l’on y intègre l’éducation – le temps passé à être préparé à les comprendre et les accepter -, la consommation – le temps passé à essayer de trouver un intérêt à avoir accepté ces codes -, les opiums – le temps passé à se défaire de la réflexion qui pourrait les remettre en question -, la retraite – le temps passé à se dire qu’on a bien fait, au final, de les accepter -, etc.
Reste peu de temps pour le reste. Et peu de chances de pouvoir mener sa vie sereinement hors de ses codes : le salariat est une figure imposée, par nous.
...MAIS AU FAIT QUE RESTE-T-IL ? Y-A-TIL UN RESTE? C'EST QUOI LE RESTE?
Que reste-t-il à la fin de la saison du spectacle? Au bout, les vacances. Et? Ce temps de l'entre-saison n'a-t-il d'autre utilité fonctionnelle que d'être une « décélération intentionnelle », pour mieux accélérer ensuite. C'est à dire qu'au lieu de traiter ce qui reste, de marquer un écart constructif avec ce qui a été ingurgité au cours d'une saison, on se purge par le décrochage (du moins le croît-on). C'est une bien pauvre catharsis, efficace pour un zombie, mais pas pour une conscience qui se doit de digérer le vécu pour prétendre à l'éveil. Traiter le reste c'est réaliser le travail de l'éveil, une catharsis réel, qui ne refoule pas le tragique de l'existence sous de la crème solaire. Le spectacle et le salariat se donne la main dans la constitution d'un rythme de travail annuel aux antipodes des réalités humaines et du rythme biologique. La période estivale a toujours été celle de la majeure activité humaine, notamment la récolte, les foins, les fruits, etc, pour le travail et pour la fête (les enfants de mars sont les fils des moissons). Après vient le temps de la rumination, le temps du végétal, de l'enfouissement, rentrer dans la terre, du travail souterrain de l'hiver, prélude à la renaissance.
La catharsis du spectacle (et la constitution d'une norme HVC-Haute Valeur Cathartique) a donc pour préalable la reconnaissance, d'un temps, d'un cycle, qui est celui du cultiver au sens agricole, étendu à l'intellectuel. Le temps de l'esprit et le temps de la terre se conjuguent pour traiter le reste, le transformer, se transformer: la matière transformée (qu'elle soit spirituelle ou inerte) est travail de l'énergie, source d'énergie. La forme de cette alchimie peut-être rendue et manifestée par la forme théatrâle, sous une forme archaïque, rituelle et tragique, proche de cette culture du recyclage des émotions et des passions, mais réinitialisée à la hauteur des nécessités actuelles: l'urgence de combattre la mort de l'esprit, par le décompactage du soma et l'intelligence du geste rituel. Il s'agit de détruire la croûte de battance que le bombardement du spectacle construit au jour le jour. L'indifférence est la seule stratégie de l'esprit pour se défendre. Mais à ce jeu défensif il s'épuise, il s'ankylose, se ravine et s'érode.
Ce travail fin, dangereux, de décompactage du soma, laisse l'esprit à fleur de peau, comme un prématuré, c'est en cela que la voie initiatique a semblé la plus naturelle, la plus correcte, par là où l'on se tient les uns les autres dans un même dessein. Cependant lorsque la forme théatrâle par l'entremise du tragique se rapproche de sa fonction rituelle, la pratique de "rites" entraîne la mise en place d'une hierarchie, ce qui est incompatible avec une morale anarchiste. Aussi la phase initiatique n'est-elle que le moment de la constitution d'un corpus fonctionnel afin d'être révélé, proposé et suivi. Diffusé notamment sous la forme d'une norme HVC.
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CULTIVER,
HAUTE VALEUR CATHARTIQUE,
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